Aller au contenu principal
Fermer

Sous pression, Starmer promet de prouver à ses détracteurs du Labour "qu'ils ont tort"
information fournie par AFP 11/05/2026 à 20:00

Le Premier ministre britannique Keir Starmer à Downing Street, le 5 mai 2026 à Londres ( POOL / Hannah McKay )

Le Premier ministre britannique Keir Starmer à Downing Street, le 5 mai 2026 à Londres ( POOL / Hannah McKay )

Le Premier ministre travailliste britannique Keir Starmer a assuré lundi être prêt à prouver à ses détracteurs "qu'ils ont tort", après la défaite électorale cuisante de son parti jeudi, mais sans réussir à éteindre la fronde dans les rangs travaillistes.

"Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi", a déclaré celui qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024 après 14 ans de gouvernements conservateurs.

"Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu'ils ont tort — et je le ferai", a ajouté le dirigeant.

Mais ces mots n'ont pas apaisé son parti. Au moins 55 députés travaillistes sur un total d'environ 400 ont appelé Keir Starmer à démissionner ou à établir un calendrier pour son départ. Deux assistants de ministres ont quitté leur poste, appelant le dirigeant du Labour au départ.

Depuis sa prise de pouvoir, la popularité du dirigeant de 63 ans n'a cessé de chuter, sur fond d'économie atone et d'augmentation du coût de la vie récemment accentuée par la guerre au Moyen-Orient.

Ses détracteurs mettent en avant ses multiples faux pas, revirements, et polémiques - notamment le scandale autour de la nomination comme ambassadeur à Washington de la figure travailliste contestée Peter Mandelson, ce qui a alimenté, au sein de son parti, des appels répétés à sa démission.

Le mécontentement au sein du Labour est encore monté après les élections locales de jeudi dernier, qui ont vu le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage gagner du terrain dans les bastions travaillistes du nord populaire de l'Angleterre et du pays de Galles. Et les Verts, plus à gauche, lui ont pris des voix à Londres.

- Frondeurs -

Après le discours, la députée travailliste Catherine West qui avait menacé ce week-end de déclencher une élection interne afin de lui trouver un successeur, a nuancé ses propos.

Elle a tout de même demandé à Keir Starmer de fixer un calendrier pour l'élection d'un successeur d'ici à septembre.

Keir Starmer a affirmé que les électeurs ne pardonneraient "jamais" au parti travailliste s'il reproduisait le "chaos" du précédent gouvernement conservateur, qui avait connu trois Premiers ministres en quatre mois en 2022.

Selon les règles du Labour, tout challenger aurait besoin du soutien de 81 députés travaillistes — soit 20 % des effectifs du parti au Parlement — pour renverser le dirigeant travailliste.

Les médias britanniques bruissent de rumeurs selon lesquelles l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting pourrait tenter d'évincer Keir Starmer, même si aucun des deux ne fait l'unanimité au sein du Labour.

S’exprimant lundi lors de la conférence annuelle d’un syndicat, Angela Rayner s’est contentée de faire allusion à la situation politique, estimant que "ce que nous faisons ne fonctionne pas, et que cela doit changer".

Un autre prétendant, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages, ne peut actuellement pas se présenter faute de siéger au Parlement.

Aucun de ces prétendants n'a appelé publiquement au départ de Keir Starmer, qui a de nouveau répété lundi vouloir rester au pouvoir pour "faire le travail" pour lequel il a été élu en 2024.

- "Nouveau cap" -

Seule annonce concrète du discours de Keir Starmer lundi: il a exprimé son intention de nationaliser le sidérurgiste British Steel, propriété du groupe chinois Jingye, dont le gouvernement avait déjà pris le contrôle il y a un peu plus d'un an.

Le dirigeant a plaidé pour "mettre le Royaume-Uni au coeur de l'Europe", dans une tentative de relancer son mandat, estimant que le Brexit avait "appauvri" et "affaibli" le Royaume-Uni.

"Ce gouvernement travailliste se distinguera par sa volonté de reconstruire nos relations avec l'Europe et de mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe, pour que nous soyons plus forts sur le plan économique, commercial et en matière de défense", a-t-il déclaré, dix ans après le référendum qui a déclenché le Brexit.

Il a indiqué qu'il fixerait "un nouveau cap" pour son pays lors du prochain sommet UE-Royaume Uni attendu fin juin ou début juillet.

Il s'en est directement pris à l'europhobe Nigel Farage, l'homme du Brexit, le qualifiant de "profiteur" et d'"opportuniste".

Le Premier ministre a aussi affirmé vouloir "empêcher des agitateurs d'extrême droite" de se rendre au Royaume-Uni pour une manifestation prévue samedi, à l'initiative de Tommy Robinson.

2 commentaires

  • 14:00

    Tu as raison faut finir la casse


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Des ambulances transportant les passagers français du MV Hondius arrivent à l'hôpital Bichat à Paris, le 10 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )
    information fournie par AFP 11.05.2026 22:29 

    Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris ... Lire la suite

  • Smmet Africa Forward : 23 milliards d'investissement pour l'Afrique
    information fournie par France 24 11.05.2026 22:15 

    Deuxième jour de visite au Kenya pour Emmanuel Macron qui a ouvert le sommet Africa Forward ce lundi avec son homologue kenyan William Ruto. L’objectif affiché est clair : développer le commerce entre la France et le continent, tout en essayant de changer la perception ... Lire la suite

  • Wall Street à New York ( AFP / ANGELA WEISS )
    information fournie par AFP 11.05.2026 22:11 

    La Bourse de New York a clôturé dans le vert lundi, en dépit du statu quo diplomatique entre Washington et Téhéran, soutenue notamment par le secteur des semi-conducteurs. Le Nasdaq (+0,10%) et l'indice élargi S&P 500 (+0,19%) ont une nouvelle fois décroché

  • Le bateau de croisière MV Hondius, touché par l'hantavirus, reçoit des provisions dans le port de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, le 11 mai 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )
    information fournie par AFP 11.05.2026 21:49 

    Les opérations d'évacuation du MV Hondius, qui avaient débuté dimanche sous très haute protection, se sont achevées lundi soir, permettant à plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage du bateau, où a été détecté un foyer d'hantavirus, de quitter le ... Lire la suite

Pages les plus populaires